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COMPOSTELLE (8)

COMPOSTELLE – LA TRAVERSÉE DES PYRÉNÉES (SUITE)

EN ESPAGNE : DE RONCEVALLES  À ZUBIRI

 

Première halte espagnole, Roncevalles (ou Ronceveaux), sanctuaire et hôpital à partir du XIIème Siècle, a toujours été une étape majeure des pèlerins vers Compostelle.

C’est aussi un lieu chargé d’histoire, associé depuis des siècles à Roland, chevalier de France et neveu de Charlemagne, vaincu avec son armée en 778 par les Basques et les Sarrasins dans la vallée des Ronces.

La Colegiata de Santa Maria, la Capilla de Santiago, le Silo de Carlomagno et sa crypte font partie des incontournables à visiter dans cet endroit emblématique  et haut-lieu du CAMINO FRANCÈS.

Nous sommes ici, coté espagnol, à environ 800 km de la cathédrale de Santiago sur ce CAMINO FRANCÈS, appelé aussi “Chemin des Français” parce qu’emprunté au Moyen Âge par tous les pèlerins d’Europe qui traversaient d’abord la France pour rejoindre l’Espagne.

 

Une longue mais belle étape – 27 km – attend les randonneurs jusqu’au petit bourg de Zubiri, presque toujours en descente. Des forêts denses, des pâturages et de nombreux petits villages typiques bordent cet itinéraire dans les contreforts pyrénéens.

 

On entre à Zubiri en franchissant le Puente de la Rabia – ou Pont de la Rage -, un vieux pont médiéval sur le Rio Arga : en effet, on croyait autrefois que les animaux atteints de cette maladie étaient guéris après avoir traversé trois fois ce pont …

 

 

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VERS COMPOSTELLE (7)

VERS COMPOSTELLE – LA TRAVERSÉE DES PYRÉNÉES

 

DE ST-JEAN-PIED-DE-PORT (France) À RONCEVALLES (Espagne)

 

C’est une étape exigeante de 26 km à ne pas prendre à la légère : de St-Jean-Pied-de-Port (200 m d’altitude), 19 km de montée jusqu’au col de Lepoeder (1430 m), puis 7 km de descente assez raide jusqu’àu village de Roncevalles (950 m).

Bien que de nombreux randonneurs la parcourent en une journée, nous avons choisi une autre formule permettant de répartir l’itinéraire sur deux jours.

 

 

 

PREMIER JOUR :

À pied et à son rythme, la très raide montée qui conduit, sur 8 km, au refuge d’Orisson : un effort récompensé par un panorama grandiose.

 

 

Puis revenir à St-Jean, en utilisant une navette ou taxi pour y séjourner une deuxième nuit.

 

 

 

DEUXIÈME JOUR :

Utiliser de nouveau navette ou taxi pour retourner au refuge, puis continuer le parcours à pied sur 18 km jusqu’à Roncevalles.

Si montées et descentes caractérisent de nouveau cette portion d’itinéraire, les paysages époustouflants des Basses-Pyrénées y sont aussi au rendez-vous.

Choisir cette formule permet à la fois de profiter largement des panoramas et de disposer de suffisamment de temps pour visiter St-Jean et vivre son ambiance bien particulière. C’est en effet le haut-lieu de rassemblement de milliers de randonneurs en route vers Santiago de Compostelle qui doivent donc maintenant franchir les Pyrénées pour rejoindre le chemin espagnol.

La vieille ville médiévale et l’imposante forteresse méritent aussi qu’on s’y attarde.

 

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VERS COMPOSTELLE (6)

VERS COMPOSTELLE : DERNIÈRE ÉTAPE DU GR 65 EN FRANCE …

D’AIRE SUR L’ADOUR À ST-JEAN-PIED-DE-PORT

 

À partir de Cahors, le GR 65 (ou Chemin du Puy en France) continue jusqu’à Aire sur l’Adour sur environ 250 km.

Nous avons délibérément laissé de coté cette partie pour partir plutôt d’Aire en direction de St-Jean-Pied-de-Port, au pied des Pyrénées, 160 km plus au sud, attirés par la traversée du Pays Basque.. Cette distance semble impressionnante : c’est oublier que ce parcours est quasiment plat avec très peu de dénivelés. Nous l’avons parcouru en huit jours, sans difficultés particulières.

Le parcours traverse d’abord le Béarn avec ses paisibles coteaux mais aussi ses interminables champs de maïs et ses élevages de canards. On y goûte bien sûr la spécialité locale  : “le confit”. Toutefois, les attraits touristiques ne manquent pas : la Bastide de Pimbo, l’abbatiale de Larreule, l’Abbaye de Sauvelade et surtout la forteresse et les puissants remparts de Navarrenx.

Puis c’est l’entrée au Pays Basque avec les Pyrénées qui se rapprochent.

On découvre alors une belle région vallonnée aux belles forêts de châtaigniers et la douceur du pays et de ses paysages.

C’est aussi ici que se rejoignent à l’emblématique  hameau d’Ostabat trois des grands chemins principaux de Compostelle en France : ceux du Puy, de Tours et du Vézelay.

L’arrivée à St-Jean-Pied-de-Port est un moment fort : c’est la fin du Chemin du Puy et de ce sentier mythique de près de 750 km.

 

Grand lieu de rassemblement des pèlerins et randonneurs avant la traversée des Pyrénées, “porte” vers le chemin espagnol du Camino Francès, St-Jean mérite qu’on s’y attarde, particulièrement pour sa vieille ville et sa forteresse.

 

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VERS COMPOSTELLE (5)

VERS COMPOSTELLE – TROISIÈME ÉTAPE

DE FIGEAC À CAHORS

Partir vers Compostelle, c’est parfois aménager son itinéraire. Sur le sentier de Grande Randonnée GR 65 – le Chemin du Puy – la troisième étape pèlerine commence traditionnellement  à Conques, passe par Figeac et se termine à Cahors sur une distance d’environ 140 km.

 

Adeptes du rando-tourisme, aimant la randonnée mais aussi visiter en cours de route des lieux chargés de patrimoine particulièrement “médiéval”, nous avons donc choisi de partir  plutôt de Figeac.

C’est ainsi que notre itinéraire s’est transformé en deux parcours distincts : en randonnée sur le GR 65 jusqu’à Limogne-en-Quercy, puis après un court transfert en taxi jusqu’à Cabrerets, une continuation vers Cahors par les sentiers-variantes GR 651 et GR 36-46, autres chemins de Compostelle. Nous avons ainsi gagné du temps au profit des haltes-visites et parallèlement limité notre parcours à 120 km, parcourus sans difficultés particulières en six jours.
En passant trois jours sur les plateaux calcaires du Quercy, puis trois autres dans les vallées du Célé et du Lot, cet itinéraire nous a permis de découvrir des lieux magiques, en particulier sur les sentiers-variantes : la grotte préhistorique de Pech Merle, le splendide village perché de Saint-Cirq-Lapopie et l’étonnant chemin de halage de Bouziès.

 

Nous recommandons donc ce choix d’itinéraire pour profiter du maximum d’attraits de cette étape.

Autre suggestion : en début et fin de circuit, consacrez une journée supplémentaire à Figeac et Cahors, ces deux cités médiévales méritant largement une visite. Et si par chance encore un peu de temps est disponible à Cahors, pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour une courte balade en bateau sur la rivière Lot et approcher par l’eau le magnifique Pont Valentré, symbole de la ville !

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VERS COMPOSTELLE (4)

SUR LE CHEMIN DU PUY (France), DEUXIÈME ÉTAPE

D’AUMONT-AUBRAC À CONQUES

Cette étape d’environ 120 km est sans équivoque une des plus belles sur le Chemin du Puy. Si elle présente quelques montées assez raides, elles ne sont jamais bien longues et nous l’avons parcourue en sept jours, sans difficultés particulières.

 

Ce parcours vallonné et rural, qui rejoint la vallée du Lot, offre bien des attraits, en particulier les vastes solitudes du plateau de l’Aubrac.

 

C’est aussi une succession de villages classés “Plus Beaux Villages de France” où vestiges du Moyen-Âge, tant religieux que profanes, sont au rendez-vous pour le plus grand plaisir de la découverte à Nasbinals, St-Chély d’Aubrac, St-Côme d’Olt et Estaing.

 

L’arrivée à Conques est magique. Miraculeusement préservé, son patrimoine architectural datant de plus de mille ans n’en finit pas d’étonner.

Avec sa majestueuse basilique romane Ste-Foy du XIème siècle et son trésor d’orfèvrerie et de reliquaires de la chrétienté médiévale, ses murailles, remparts et son réseau de ruelles où il fait bon flâner, Conques est un incontournable.

 

“Perle” de ce chemin qui mène aux Pyrénées, Conques mérite absolument une bonne journée de visite.

Ne manquez pas aussi de profiter du concert d’orgue et de l’illumination du tympan de la basilique, deux moments forts du village, quotidiens et gratuits.

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VERS COMPOSTELLE (3)

SUR LE CHEMIN DU PUY (France), PREMIÈRE ÉTAPE :

DU PUY-EN-VELAY À AUMONT-AUBRAC

Que l’on soit pèlerin ou simplement randonneur, cette étape commence à la cathédrale du Puy-en-Velay avec la bénédiction des marcheurs, chaque matin à 7 H 00.

Pour celles et ceux qui se mettent en route sur ce parcours d’environ 90 km, sans difficultés particulières, c’est un moment fort et chargé d’émotion …

 

Point de départ historique de ce chemin, LE-PUY-EN-VELAY mérite une visite avant de prendre la route : la cathédrale, son cloître, la vieille ville médiévale, le Rocher Corneille et la chapelle St-Michel d’Aiguilhe sur son piton rocheux valent qu’on s’y attarde une bonne journée.

Paysages vallonnés, nombreux panoramas, petits villages, hameaux et vestiges médiévaux tant religieux que profanes sont au rendez-vous dans ce parcours : un itinéraire essentiellement rural qui traverse les Monts du Devès, les Gorges de l’Allier, le Pays du Gévaudan et la Plateau de la Margueride.

 

 

C’est une étape idéale pour s’initier aux Chemins de Compostelle : distances de marche quotidiennes très raisonnables et dénivelés  tout-à-fait acceptables sur un parcours pourtant situé entre 630 et 1300 m d’altitude. Lors de notre première expérience en RANDO-TOURISME et sans entrainement particulier, nous l’avons parcouru en 6 jours.

 

 

Découvrez cette étape au complet, jour par jour, en consultant les 6 articles publiés en avril-mai 2019 sur le blog d’euro-rando.com :

VERS COMPOSTELLE …. DU PUY-EN-VELAY À AUMONT-AUBRAC 

JOUR 01 : DU PUY-EN-VELAY À MONTBONNET (16 km)
JOUR 02 : DE MONTBONNET À MONISTROL D’ALLIER (15 km)
JOUR 03 : DE MONISTROL D’ALLIER À SAUGUES (13 km)
JOUR 04 : DE SAUGUES AU VILLERET D’APCHIER (11 km)
JOUR 05 : DU VILLERET D’APCHIER À ST-ALBAN (18,5 km)
JOUR 06 : DE ST-ALBAN À AUMONT-AUBRAC (17 km)

 

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Compostelle, Espagne, Voyage accompagné camino del Francès

VERS COMPOSTELLE (2)

COMPOSTELLE : LES DEUX CHEMINS MYTHIQUES …

Conséquence d’une longue tradition de pèlerinage, on recense des chemins de Compostelle dans tous les pays d’Europe. Toutefois, les plus connus et fréquentés se situent en France et en Espagne.

 

En France d’abord : avec sa frontière commune avec l’Espagne et sa situation géographique centrale, la France a toujours été un carrefour en direction de Compostelle où se rejoignaient tous les chemins en provenance des pays voisins.

En Espagne ensuite, où se trouve la cathédrale de Santiago, destination finale de tous les pèlerins d’Europe au Moyen Âge qui traversaient obligatoirement la France pour s’y rendre.

 

 

Ainsi sont nés dans ces deux pays de grands chemins principaux où marchent encore des pèlerins mais aussi et surtout une majorité de randonneurs venus du monde entier et adeptes du RANDO-TOURISME.

 

Parmi les nombreux chemins existants, deux d’entre-eux retiennent surtout l’attention : le CHEMIN DU PUY (France) et le CAMINO FRANCÈS (Espagne). D’une longueur de près de 750 km chacun, se rejoignant à la frontière au pied des Pyrénées,  ce sont les deux itinéraires “mythiques” à travers la France et l’Espagne, vers Santiago de Compostelle. Ces deux chemins sont aussi aujourd’hui le choix favori des “jacquets”, celles et ceux qui marchent vers Compostelle, pèlerins ou randonneurs, sur ces chemins de St-Jacques.

 

 

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VERS COMPOSTELLE (1)

PARTIR VERS COMPOSTELLE AUJOURD’HUI …

Longtemps associés uniquement à un pèlerinage, les Chemins de Compostelle sont devenus au fil du temps des sentiers majoritairement utilisés par des randonneurs aux motivations plus profanes.

S’il est vrai qu’on y rencontre encore aujourd’hui des “pèlerins convaincus” en route pour des raisons spirituelles, la plupart des randonneurs empruntent maintenant ces chemins pour des motifs tout à fait différents : attrait du tourisme régional loin du tourisme de masse, rencontre avec l’habitant, retour aux sources en voyageant à pied et bienfait pour la santé par la marche n’en sont que quelques-uns …

La plupart de ces Chemins de Saint-Jacques sont dotés aujourd’hui, au grand plaisir des randonneurs, de solides infrastructures : un excellent balisage des sentiers, des hébergements variés, une restauration de qualité et des transports locaux adaptés sont au rendez-vous sur ces itinéraires jalonnés de vestiges historiques et menant tous à la Cathédrale de Santiago, but ultime des pèlerins du Moyen-Âge.

Nul n’a besoin aujourd’hui, sauf par goût très personnel, de partir lourdement chargé et de dormir à la belle étoile ! Avec un simple petit sac de jour, bagages transportés et logements confortables en demi-pension, il suffit de choisir un itinéraire et de se mettre en route …

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VERS COMPOSTELLE … DU PUY-EN-VELAY À AUMONT-AUBRAC (6)

JOUR 6 : DE ST-ALBAN (Le Rouget) À AUMONT-AUBRAC (17 km)

Nous quittons Le Rouget vers 8H 00 pour cette toute dernière journée de notre randonnée : au programme, cinq à six heures de marche sur des montées et descentes faibles et sur un sentier qui descend d’abord dans la vallée de la Truyère, puis remonte sur la plaine de la Margueride en direction du village d’Aumont-Aubrac, objectif de cette étape.

EN CHEMIN VERS AUMONT-AUBRAC

EN CHEMIN VERS AUMONT-AUBRAC

C’est la fin du vaste plateau granitique couvert de landes et de forêts de hêtres et de résineux en arrivant à St-Alban-surLimagnole dont on peut admirer l’église romane, plusieurs fois remaniée, mais qui conserve encore son abside et ses chapiteaux du XIème siècle.

LE CLOCHER DE ST-ALBAN

LE CLOCHER DE ST-ALBAN

Un arrêt au château de St-Alban s’impose : construction dont l’origine remonte à la nuit des temps, cette ancienne forteresse féodale a été plusieurs fois détruite, reconstruite et modifée au fil des siècles. Du château moyenâgeux, il ne reste guère de traces et les tours d’aujourd’hui ne datent que du XVème siècle … Le portail d’entrée construit en arkose rose-orangé – du grès rouge – ainsi que la cour intérieure et les fenêtres de la façade datent de la fin du XVIème, époque où l’on utilisait encore des plans de style Renaissance dans la région : une curiosité qui vaut le détour…

LE CHÂTEAU DE ST-ALBAN

LE CHÂTEAU DE ST-ALBAN

LA COUR INTÉRIEURE DU CHÂTEAU

LA COUR INTÉRIEURE DU CHÂTEAU

L’église des Estrets, une petite merveille parfaitement restaurée à laquelle s’adosse le cimetière local, est un incontournable… À cause de sa taille, nous avons d’abord pensé qu’il s’agissait d’une chapelle mais nous serons très vite corrigés par une dame-patronnesse qui surveille les allées et venues et en possède les clefs, clefs qu’elle nous confie pour la visite mais sans oublier de préciser que “Non Monsieur, ce n’est pas une chapelle, c’est une ÉGLISE”! Elle n’a pas rajouté “Tenez-vous le pour dit” mais il semble que nous l’avons échappé belle!

L'ÉGLISE DES ESTRETS

L’ÉGLISE DES ESTRETS

Nous logeons ce soir-là à l’hôtel Prunières d’Aumont-Aubrac, un hébergement assez vaste et disposant d’une grande salle-à-manger où de très nombreux marcheurs se retrouvent autour de grandes tablées pour le souper : un menu du pèlerin fort copieux et délicieux qui nous fera oublier l’aspect quelque peu vieillot et défraichi des chambres.

Un joyeux brouhaha de conversations accompagne ce repas : pour la plupart des organisateurs locaux de randonnées, Aumont-Aubrac est la fin de la première étape vers Compostelle sur le Chemin du Puy et l’hôtel semble avoir rassemblé ce soir-là tous les randonneurs et pèlerins qui marchaient cette semaine, toutes organisations confondues, au départ du Puy-en-Velay, et qui partagent leurs bons moments sur la route.

Le service semble aussi habitué à bouger les tables pour accommoder les clients : ce sont en effet les retrouvailles qui motivent les tablées, résultat des rencontres de passage au cours des derniers jours. Je passerais ma soirée avec trois anglais de Manchester pour compléter une discussion jamais terminée sur la terrasse de l’Auberge des 2 Pèlerins, trois jours auparavant. Quand à ma conjointe, installée un peu plus loin, elle a rejoint un groupe de randonneuses avec qui nous avons sympathisé en cours de route.

C’est aussi pour nous la fin de notre séjour pédestre! Avec quelques regrets déja : ceux de ne pouvoir continuer une semaine de plus avec celles et ceux qui continuent le lendemain en direction de Conques, la deuxième étape suivant celle d’Aumont-Aubrac, sur une distance d’environ 120 km.

Un refuge sur le chemin ... Date de construction inconnue!

Un refuge sur le chemin. Date de construction inconnue!

Une belle expérience que ce séjour : randonneurs occasionnels, nous avions intentionnellement décidé de limiter notre randonnée à six jours, pas convaincus au départ de nos capacités de marche. Mais la conclusion est là : environ 100 km à pied en six jours ne relève pas vraiment de l’exploit et est facilement réalisable. Nous ne voulons pas non plus oublier que nos bagages étaient transportés chaque jour et que nous nous déplacions avec seulement un léger sac de jour. Quant au confort, il était aussi au rendez-vous dans les hébergements réservés à l’avance, incluant déjeuner et souper.

En bref, rien ne ressemblant aussi peu à une “expédition”, ce que beaucoup de gens croient à tort dès qu’on parle de randonnée itinérante de plusieurs jours.

NOUS REVIENDRONS!>

DE FIGEAC À CAHORS, SUR LE GR 65 ET LA VALLÉE DU CÉLÉ!

VERS COMPOSTELLE … LE PUY-EN-VELAY À AUMONT-AUBRAC (5)

JOUR 5 : DU VILLERET D’APCHIER À ST-ALBAN (18,5 km)

Collines et vallons façonnent le paysage sur ce plateau rocailleux des hauteurs de la Margueride. Cette étape se déroule pour nous par un temps grisâtre et ponctué d’averses. Mais “randonner”, c’est aussi accepter les caprices de la météo et conserver sa bonne humeur.

LE DOMAINE DU SAUVAGE

LE DOMAINE DU SAUVAGE

Le Domaine du Sauvage, un des attraits de ce parcours selon les guides touristiques, est une ancienne domerie templière fondée en 1198. Ce bâtiment-hôpital, conçu à l’époque pour recevoir, nourrir et soigner les pèlerins de passage, abrite aujourd’hui un gîte d’étape où l’on peut passer la nuit et se restaurer. Décevant toutefois! Un mélange pas vraiment harmonieux de vestige du temps passé et de modernisme au goût du jour ! Seul le panorama dans ce col désert vaut une mention. Non loin de là, une fontaine du XIIème siècle et une chapelle dédiées à Saint-Roch, le saint patron des pèlerins, méritent un court arrêt.

LA FONTAINE ST-ROCH

LA FONTAINE ST-ROCH

Caprice du temps aidant, cette étape ne serait certainement pas restée gravée dans nos mémoires si nous n’avions pas passé ce jour-là une soirée riche en rencontres.

Ferme-étape, la CROIX DU PLO au Rouget dispose de deux types d’hébergement distincts : un bâtiment avec chambres-confort où nous avions réservé et un gîte avec chambres et sanitaires partagés, chaque endroit disposant d’une cuisine et d’une salle-à-manger. Nos hôtes ne servent pas à table mais ont préparé un repas complet qu’ils livrent à leurs invités pour le souper : c’est une formule que l’on retrouve de temps à autres en randonnée, qui laisse les randonneurs entre-eux et où tout le monde met avec plaisir la main à la pâte pour dresser le couvert, réchauffer les plats et naturellement ranger et débarasser la table. Nous acceptons bien volontiers l’offre du propriétaire de partager ce repas avec les randonneurs du gîte plutôt que rester dans “nos appartements”.

LE GÎTE " LA CROIX DU PLO '' AU ROUGET

LE GÎTE ” LA CROIX DU PLO ” AU ROUGET

Nous sommes douze personnes à table ce soir-là dont trois d’entre-elles sont en route pour rejoindre Santiago à environ 1500 km de distance : en chemin depuis plusieurs jours, un pasteur protestant qui marche depuis l’Allemagne et deux jeunes randonneurs qui arrivent de Suisse. De passage également, une québecoise qui a commencé son périple cinq jours plus tôt au Puy-en-Velay, deux couples de français à la retraite, deux “randonneuses” avec qui nous marchons de concert depuis hier et nous mèmes.

C’est une règle non-écrite sur les Chemins de Compostelle : les motivations du voyage sont propres à chacun et il est de bon ton, sans poser de questions trop personnelles, de laisser chacun décider s’il désire les partager ou non. Sauf pour les deux couples de retraités et nous-mèmes qui souhaitions simplement randonner sur une courte période, les motivations peuvent être toutefois bien différentes.

EN CHEMIN VERS ST-ALBAN

Pour le pasteur, c’est un voeu qu’il concrétise et, en cours de route, l’occasion d’une réflexion sur son sacerdoce. Un bel exemple d’ouverture : protestant, il a choisi un pélerinage catholique!

Pour les deux jeunes suisses, c’est un défi d’endurance et ce n’est pas leur première expérience : travaillant généralement une année complète pour économiser, ils prennent par la suite une année sabbatique pour parcourir le monde à pied. Gestion de leurs finances oblige, ils dormiront gratuitement au gîte à l’invitation du propriétaire et tout à l’honneur de ce dernier.

Notre québécoise de Trois-Rivières, randonneuse solitaire, est en route pour cinq à six semaines, elle ne sait pas. Elle aussi à pris un congé sabbatique, laissant conjoint et enfants au pays : on comprend assez vite qu’elle veut profiter de cette période pour faire le point sur sa vie familiale et professionnelle.

Quant à nos deux “randonneuses”, celles avec qui nous partageons récemment la route, ce sont deux amies de longue date. L’une d’elles, qui vient de connaître une période deuil très difficile, a enfin accepté de suivre son amie dont le but essentiel est de lui redonner goût à la vie. Un bel exemple d’amitié.

Cette soirée est restée un moment fort de notre séjour … Est-ce-que marcher vers Compostelle, sur les traces de milliers de pèlerins, invite plus qu’ailleurs à la réflexion? Sans aucun doute … Que l’on soit croyant ou non, Compostelle demeure un pèlerinage : religieux pour les uns, retour aux sources en se déplaçant à pied pour les autres et finalement pour tous un retour sur soi en cours de route, lors de moments privilégiés où l’on est seul avec soi-mème en mettant un pied devant l’autre … À chacun son chemin!

 

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