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La Maison de la Béate

VERS COMPOSTELLE … LE-PUY-EN-VELAY À AUMONT-AUBRAC (4)

JOUR 4 : DE SAUGUES À LE VILLERET D’APCHIER (11 KM)

C’est une courte étape qui nous attend ce jour-là en direction de la Montagne de la Margueride “Montagne” est un bien grand môt : depuis Saugues, il s’agit seulement d’une lente montée jusqu’au Villeret, avec un dénivelé fort raisonnable de 175 m. Il fait un temps splendide et ce parcours est essentiellement “bucolique” : prairies, herbages et animaux au pacage, forêts de pinèdes et surtout chemins bordés de genêts d’un jaune éclatant puisque nous sommes en pleine période de floraison.

Étape “relax” : elle aurait pu être un peu plus longue mais notre hébergement est réservé au Villeret, alors pourquoi ne pas flâner en chemin et profiter du paysage! Seuls points d’intérêt historique en route : la tour curieusement penchée de La Clauze, vestige d’un château édifié au XIIème S. et la Maison de la Béate, aujourd’hui rénovée, dans le hameau.

Implantée au XVIIème siècle, l’institution des Béates est en charge de l’éducation des jeunes filles dans les hameaux reculés de la région. Femme célibataire et laïque, ressemblant beaucoup à une religieuse mais sans avoir prononcé de voeux, la Béate a reçu une éducation de base au noviciat et de ce fait devient une institutrice qui enseigne la lecture, l’écriture et le catéchisme aux enfants, également l’art de la dentelle aux jeunes filles. Sa maison sert d’école et de lieu d’assemblée pour la vie du hameau. Elle soigne aussi les malades avec ses remèdes et prie pour les mourants. Elle a généralement une vie assez misérable, son entretien dépendant uniquement des dons des villageois qui lui apporte bois pour se chauffer et nourriture. Cette institution disparaîtra à la fin du XIXème siècle avec l’avènement de l’instruction publique. De nos jours, cette maison de La Clauze peut servir de refuge à quelques pèlerins de passage mal pris par la météo ou n’ayant pas trouvé d’hébergement pour la nuit. Équipement sommaire : un poèle à bois, une table, quelques bancs, l’eau courante à l’extérieur mais un toit sur la tête!

EN ROUTE VERS LE VILLERET D'APCHIER

EN ROUTE VERS LE VILLERET D’APCHIER

L’Auberge des 2 Pèlerins au Villeret est une nouvelle expérience d’hébergement. Il ne s’agit plus d’une maison d’hôtes mais d’un complexe assez vaste regroupant dortoirs, chambres plus confortables et mème de simples roulottes en planches qu’on appellait “ateuil ou chabone” et qui servaient de logement rudimentaire aux bergers accompagnant leurs troupeaux.

L’arrivée surprend pour des non-itiniés comme nous : pas de sacs à dos à l’intérieur des dortoirs ou logements individuels, un grand vestiaire avec casiers et cadenas pour déposer matériel et chaussures, un minimum d’effets personnels autorisés dans les chambres et un p’tit coté militaire de l’accueil auquel on ne s’attendait pas ! Toutefois, il ya une raison à tout : dans ces hébergements de grande capacité – dans la grande salle commune, nous serons au moins une quarantaine de randonneurs à table ce soir-là – ce genre d’organisation est la seule manière de combattre les punaises de lit … En effet, ces petites bêtes, souvent transportées dans les sacs à l’insu des marcheurs, sont une véritable plaie et tout doit être fait évidemment pour éviter leur propagation.

L'AUBERGE DES DEUX PÈLERINS

L’AUBERGE DES DEUX PÈLERINS

Lucette et Jean-Louis, les deux propriétaires, sont deux “pèlerins convaincus” avec plusieurs pèlerinages à leur actif. Dans leur cas, on peut probablement parler de “sacerdoce” et de “dévouement” dans la gestion de leur établissement consacré aux Chemins de Compostelle et à l’accueil des pèlerins! Mais à la fin du repas, Jean-Louis exige le silence, raconte son expérience sur les chemins de St-Jacques et prend sa guitare avec la ferme intention de nous apprendre, avec maintes répétitions, “Ultreia et Suseia”, le chant des pèlerins. Tout le monde – ou presque – se prête au jeu, certains cependant avec quelques grincements de dents discrets : un peu trop long, un peu trop “patronage” … même si tout ceci est fait avec la meilleure volonté du monde! Il y avait beaucoup d’étrangers ce soir-là et le feuillet des couplets – distribué avec le dessert – était uniquement en français … Essayez de chanter et de répéter en utilisant un texte en langue étrangère!

Au demeurant, Lucette et Jean-Louis irradient la bonté. À notre arrivée en milieu d’après-midi, nous étions affamés et la propriétaire n’a jamais voulu facturer l’en-cas qu’elle nous a servi, nous suggérant simplement de faire un don dans une boite disposée à cet effet. Je ne doute pas un instant que ces dons soient utilisés pour de bien nobles raisons. Qu’ils me pardonnent donc mes quelques commentaires, à moi le mécréant et randonneur aux raisons plutôt profanes! Merci sincèrement pour votre accueil.

 

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